Chania

Côte d’Ivoire : «une logique de confrontation dont il faut sortir.. »

23-09-2020

Le climat politique ivoirien est tendu, pouvoir et opposition doivent retrouver le moyen de dialoguer, au risque que des violences n’éclatent. C’est la crainte d’Arsène Brice Bado, du chercheur du Centre de recherche et d’action pour la paix qui préconise un report de scrutin.

Le chercheur Arsène Brice Bado, directeur adjoint du Centre de recherche et d’action pour la Paix (CERAP), basé à Abidjan, est notamment l’auteur d’un récent rapport sur les efforts de pacification des élections, il livre son analyse de la montée des tensions actuelles, s’inquiète de la radicalisation des positions et plaide pour un report de la date du scrutin, afin de permettre au pouvoir et à l’opposition de renouer le dialogue.

À rappeler que l’élection présidentielle est prévue pour le 31 octobre prochain, la situation politique semble s’orienter chaque jour un peu plus dans une impasse. Dimanche, les principales plateformes de l’opposition réunies au sein d’un front commun ont même appelé à la « désobéissance civile » et lancent des appels à manifester contre la candidature d’Alassane Ouattara à un troisième mandat. Or, les manifestations sont interdites dans le pays, faisant craindre l’irruption de violences.

Pour Arsène Brice Bado :<< C’est une situation assez compliquée. Nous sommes sortis de la logique du dialogue et nous sommes entrés dans une logique de confrontation dont il faut sortir.

Une réaction trop brutale des pouvoirs publics ou des forces de l’ordre et de sécurité contre les manifestants entrainera une escalade de la violence, c’est prévisible.

Nous avons déjà vu cela le mois dernier, avec des manifestations contre la candidature d’Ouattara à un troisième mandat qui ont fait plusieurs morts. Il faut vraiment gérer ces rassemblements avec beaucoup de tact, au risque que la violence ne s’ajoute à la violence.

Serges

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